Belém : Mosteiro dos Jeronimos

Un véritable feu d'artifice architectural vous attend dans le plus bel édifice manuélin de la ville. Les décorations en pierre de ce monastère du 16e S., aussi fines que de la dentelle, arborent des motifs inspirés de la nature : voûtes festonnées, tourelles ornées de torsades et de coquillages, colonnes où s'entremêlent feuilles, vignes et nœuds marins. Cette beauté lui a valu d'être inscrit au patrimoine mondial par l'Unesco en 1983

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Manuel Ier fit construire ce chef-d'œuvre en 1501 pour saluer les exploits maritimes de Vasco de Gama, qui partit pour l'Afrique en 1497 et revint, chargé de poivre et de cannelle, après avoir découvert la route des Indes. La visite du monastère vous renverra à l'âge des grandes découvertes, à des voyages vers des terres encore inexplorées.

Il fut bâti sur l’emplacement d’une chapelle conçue sous Henri le navigateur. Au 19è siècle on lui rajouta la grande aile ouest (abritant aujourd'hui le musée archéologique) qui plagie laborieusement le style de l’édifice principal.

Les portails 

 

Ils sont truffés de scènes à lire : ici, les statues du roi Manuel et de sa femme, là, la statue d’Henri le navigateur, ou encore les bas-reliefs narrant la vie de saint Jérôme. Le portail sud abonde en détails typiquement manuélins : poissons, cordages, coraux… et la croix de l’ordre du christ qui rappelle que les expéditions maritimes furent largement financées par cet ordre.

 

Igreja de Santa Maria

 

L’église sainte Marie surprend par la hardiesse de sa voûte (haute de 20 m) en étoile soutenue par des gerbes d’ogives jaillissant des piliers octogonaux et se ramifiant à l’infini. Malgré sa légèreté apparente, elle a résisté au tremblement de terre de 1755.

La lumière est proprement mystique, logique car l’église abrite les tombes de Vasco de Gama et de Luis de Camoes. Dans le chœur, les sarcophages portés par des éléphants stylisés sont ceux de Manuel 1er, de Joao III et de leurs épouses. La sacristie mérite de s’y arrêter également car son pilier central s’évase en corolle pour dessiner sur la voûte un réseau de fines nervures ondulant jusqu’aux trompes d’angle.

 

Cloître

 

Si le soleil est de la partie, il vous révélera sa parfaite harmonie et ses teintes crème. Règne absolu de la pierre sculptée : pas une colonne, un chapiteau, un pilier, une arche qui ne soit prétexte à motifs, entrelacs, variations sur le feuillage ornemental, symbolique des cercles, ponctués de gargouilles différentes. Profusion et luxuriance de la nature, ordonnée en symétrie puisque, loi de l’harmonie oblige, elle domine. Petit détail (humoristique) : la petite fontaine placée dans un pan du cloître était auparavant au centre ; elle représente un lion dompté, agenouillé sur un prie-Dieu...



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