Les navires ne déverseront plus leurs toilettes en mer Baltique

L'Organisation maritime internationale (OMI) a décidé d'interdire aux paquebots et ferries de déverser leurs toilettes dans la Baltique, mer parmi les plus fréquentées et polluées au monde, a-t-elle annoncé dernièrement. L'interdiction frappera le 1er juin 2019 les navires de transport de passagers neufs, puis les navires anciens deux ans plus tard, a précisé l'organisation dans un communiqué. 

La Baltique, une mer au bord de l'asphyxie

La mer Baltique, au nord de l’Europe est une mer quasiment fermée, peu profonde et peu salée. Elle baigne 9 pays et s’asphyxie peu à peu, essentiellement en raison de la pression de ses 85 millions de riverains. Le trafic maritime s’intensifie. Va-t-on vers une catastrophe majeure?

La mer Baltique est au même titre que la Méditerranée au sud de l’Europe, une mer quasiment fermée puisqu’elle ne communique que par l’étroit détroit de Sund, entre Suède et Danemark, avec la mer du Nord. Elle est par ailleurs peu profonde, peu salée et froide (elle gèle chaque hiver).

Le renouvellement total de ses eaux prend une trentaine d’années. Elle reçoit de nombreux fleuves à gros débit (Elbe, Neva) et d’autres moins importants.

85 millions d’habitants vivent le long de ses côtes.

Elle borde le Danemark, la Suède et l’Allemagne à l’ouest, la Finlande, la Pologne, les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lithuanie) et la Russie à l’est. Directement ou indirectement, la Baltique reçoit les eaux usées industrielles, urbaines et les excédents d’engrais et de pesticides utilisés par l’agriculture.

Les teneurs en azote et en phosphore des eaux ont beaucoup augmenté et la Baltique est aujourd’hui totalement au bord de l’asphyxie.

En 2011, la Commission pour la protection de l'environnement marin (MPEC) de l'OMI avait entériné ce principe en faisant de la Baltique une «zone spéciale», conformément aux dispositions de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL).

Mais il aura fallu près de cinq ans pour fixer un calendrier d'application.

La ministre suédoise aux Infrastructures, Anna Johansson, s'est félicitée de cette décision, tout en regrettant qu'elle ait été retardée par l'opposition de plusieurs États riverains. «La négociation a été longue et parfois délicate car un grand nombre de pays étaient contre», a-t-elle noté sans les nommer.

L'interdiction «contribue à promouvoir un transport maritime plus durable (...) qui favorise par exemple le développement du tourisme», a-t-elle ajouté sur le site internet du gouvernement.

Certains États estimaient notamment que les points de collecte des eaux usées étaient insuffisants sur le pourtour de la Baltique.

La MEPC «encourage les gouvernements membres et les transporteurs à se conformer immédiatement, sur la base du volontariat, aux directives applicables à la zone spéciale de la mer Baltique», précise l'OMI.

En 2007, les pays riverains s'étaient engagés à un Plan d'action en faveur de la Baltique visant à lui rendre sa bonne santé d'ici à 2021. Mais selon les ONG, beaucoup d'efforts décidés ont été abandonnés.

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