Norwegian pourrait lancer des vols low-cost entre Paris-CDG et Los Angeles cet été

Norwegian qui a obtenu des slots (autorisations) au départ de Roissy va pouvoir utiliser ces créneaux de décollage et atterrissage pour lancer son vol low-cost long courrier entre Paris et Los Angeles aux Etats-Unis dès juillet 2016, selon la Tribune.

Une compagnie low-cost long-courrier étrangère, ni française, ni américaine, va-t-elle débarquer à Paris pour desservir cet été Los Angeles ? Le projet est sur la table de Bjorn Kjos, le PDG de Norwegian Air Shuttle, la compagnie à bas coûts norvégienne, pionnière en Europe dans le low-cost long-courrier.

Après la tentative échouée en janvier faute de slots sur Orly, Norwegian repart à l'offensive dans le but de lancer des vols entre Paris CDG et Los Angeles pour cet été.

 La compagnie qui opère des vols au départ d'Orly vers Oslo, Copenhague, Stockholm ou encore Helsinki, pourrait soit transférer ces vols vers Roissy, libérant ainsi ses slots d'Orly pour lancer son vol Paris - Los Angeles soit utiliser ceux obtenus à Roissy pour ouvrir cette ligne long-courrier. 

La décision n'a pas encore été tranchée selon nos informations. Elle devra l'être rapidement si Norwegian veut lancer la commercialisation des vols.

"Norwegian a 30 B787 en commande et qu'elle regardait toutes les opportunités d'ouvrir de nouvelles routes (...). Etant l'une des villes les plus visitées au monde, Paris est évidemment intéressant pour nous. Cependant, nous ne pouvons confirmer aucune nouvelle ligne à ce stade", a indiqué à La Tribune un porte-parole de la compagnie.

 

Si jamais Norwegian décidait de se jeter à l'eau, elle serait confrontée à Air France et Air Tahiti Nui (désormais partenaire) mais aussi à XL Airways qui va ouvrir Roissy-Los Angeles en juin prochain. L'arrivée de deux nouveaux acteurs sur la ligne se traduirait sans surprise par une forte baisse des prix. En Angleterre, Norwegian propose le vol aller Londres (Gatwick)/Los Angeles à partir de 179 Livres TTC (235 euros).

Si Norwegian débarque à Paris pour développer du long-courrier, elle sera très surveillée. En effet, depuis quelques années, son développement long-courrier cristallise l'opposition à la fois des autorités américaines et de certains pays européens, mais aussi des syndicats de navigants des deux côtés de l'Atlantique.

 

En effet, même si elle a le droit d'assurer des vols entre n'importe quel point de l'Union européenne et n'importe quelle destination aux Etats-Unis (puisque la Norvège, bien qu'elle ne soit pas membre de l'UE, a été incluse dans l'accord de ciel ouvert entre l'Union européenne et les Etats-Unis mis en place en 2008), Norwegian tente de sortir de ce cadre norvégien par des chemins qui ont fait débat.

Il y a quelques années, après avoir obtenu une licence et un Certificat de Transporteur Aérien (CTA) irlandais, la compagnie a créé une filiale long-courrier irlandaise avec des navigants intérimaires basés en Asie du sud-est, accusés par les autorités américaines d'être affectés non seulement aux vols vers l'Asie mais aussi vers les Etat-Unis. Poussé par les pilotes américains qui dénoncent un "dumping social", Washington a mis son veto aux vols vers les Etats-Unis de cette filiale irlandaise. Ceci alors que Bruxelles était au contraire favorable. Fin 2015, Norwegian a également obtenu une licence et un CTA au Royaume-Uni. Là aussi, le dossier reste à l'étude.

Du coup, Norwegian assure ses vols au départ de Gatwick avec le CTA norvégien de Norwegian Air Shuttle.

Sauf à obtenir un feu vert de Washington prochainement pour ses CTA anglais et irlandais, c'est le même schéma qui se profile à Paris, si Norwegian décidait de se lancer en long-courrier. Auquel cas, l'affectation de ses navigants serait suivie de près. S'ils devaient être basés en France, ils devront disposer de contrats français et cotiser en France.

Deux arguments juridiques s'affrontent dans le dossier Norwegian. La direction de la compagnie estime que le blocage américain viole le principe de la reconnaissance mutuelle des licences d'exploitation et des CTA inscrit dans l'accord ouvert entre les Etats-Unis et l'Union européenne. La licence et le CTA irlandais et anglais obtenus par Norwegian en Irlande et en Angleterre devraient de facto être reconnus par Washington. Ce point est notamment soutenu par Willie Walsh, le président de IAG (la maison-mère de British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus). 

 

Pour autant, les Américains et une partie des Etats européens ne l'entendent pas ainsi et mettent en avant un autre principe de l'accord que ne respecte pas  Norwegian en créant des filiales en Irlande et en Angleterre : la libéralisation de l'espace transatlantique ne doit pas être le véhicule d'une dégradation des normes sociales.

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